CHAPITRE NEUF

Le Verrat Blanc était une auberge de voyageurs sur le côté de la rue Southend, à quarante kilomètres du centre de Londres. Il s'agissait d'un bâtiment isolé au beau milieu d'une région plate, et un homme pourvu de jumelles pouvait observer la route jusqu'à dix kilomètres, de n'importe quel côté de l'auberge.

Le vendredi 17 novembre dans l'après-midi, le Cobra scrutait l'horizon à partir de la chambre mansardée qu'il avait louée dans cette même auberge. La bifurcation de la route de Brentwood, qui se trouvait seulement à cent cinquante et un mètres de la taverne, retenait son attention, mais il pleuvait. En fait, l'américain avait attendu cette pluie avant de prendre sa décision.

"A quoi penses-tu ? " chuchota Molly.

L'enseigne Withell était couché dans son appartement de Chelsea, ce vendredi soir, les yeux fixés au plafond, et Molly venait juste de se blottir contre lui.

"Nous venons de nous rencontrer, mais j'ai l'impression qu'il y a une éternité." Molly sentait la souplesse de son jeune corps à travers l'uniforme rugueux. Doucement, l'enseigne lui embrassa le visage et les paupières, puis après quelque hésitation, les lèvres. Il se retourna sur le ventre afin de cacher sa tumescence. Rêveusement, la fille contemplait le dos élancé, les hanches étroites, les petites fesses fermes et minces, ainsi que les jambes athlétiques. "Où vont-ils t'envoyer ?" lui demanda-t'elle tristement.

"Je ne sais pas encore, probablement en Inde," répondit-il moqueusement.

"Crois-tu vraiment au coup de foudre ?"

Il regarda son visage frais et innocent, ses yeux pétillants, et il sentit la pleine confiance qu'elle lui accordait.

"Oui" dit-il après un moment "spécialement quand le temps est court ..."

C'était la troisème fois qu'ils étaient ensemble. L'appartement était petit mais extrêmement sompteux. Une large chambre avec un grand tapis beige d'un mur à l'autre, un immense lit avec une couverture de soie couleur cognac, une luxueuse cuisine et une salle de bain plus que spacieuse pourvue d'une douche et d'une baignoire, tout de marbre couleur de miel, ainsi que des miroirs par terre.

Scotty avait allumé un grand feu dans l'âtre et il commençait à faire un peu chaud. Il ôta sa tenue de campagne et la jeta sans soin au sol.

"Tu es trempé," dit la jeune fille, "tu ne devrais pas te promener sous la pluie sans manteau. Il vaut mieux que tu prennes une douche avant d'attraper froid." C'était tout à fait le genre d'encouragement dont avait besoin le soldat cafardeux pour alléger l'atmosphère.

En effet, après qu'il eut suivi son conseil, il se trouva fort calme en entrant timidement dans la chambre, vêtu d'une simple robe de bain.

Molly leva les yeux vers lui une fraction de seconde, et cela suffit à le faire rougir. Il possédait la douceur veloutée de la jeunesse et la fille frissonna soudainement, confuse, sentant le sang affluer follement dans tout son corps. Elle baissa cependant modestement son regard, car elle le voyait embarrassé par son érection.

L'enseigne regarda la jeune villageoise qui paraissait s'être assoupie sur le lit. Ses traits reflétaient à la fois une candeur virginale et une certaine impatience car elle attendait que Scotty fît le premier mouvement. Il admira son joli corps sculpté, sa sexualité bourgeonnante, sa peau soyeuse que laissait voir le mince vêtement qu'elle portait avec sensualité.

Quand il se coucha à son tour sur le lit, un peu maladroitement, il sentit son jeune corps trembler d'anxiété et d'appréhension.

Lentement, elle se tourna vers lui. Serrés l'un contre l'autre, ils s'échangèrent la chaleur de leurs corps.

Ils ne formaient plus qu'une seule entité à présent. Il passa un bras autour de son cou. Elle se pelotonna contre son ventre, absolument réconfortée et heureuse. Leurs visages se touchaient et ils pouvaient humer mutuellement leurs souffles agréables.

La main de la fille, comme par hasard, vint se poser sur la tumescence, mais elle n'osa pas enlever le vêtement.

"T'es-tu jamais trouvé ainsi avec une fille auparavant ?" demanda-t'elle dans son innocence.

Il ne s'était jusqu'alors jamais approché aussi intimement d'une créature, mais il n'était pas certain de la réponse à donner.

"Et toi ?" dit-il d'une voix basse et douce.

Elle se mit à glousser.

"Avec un garçon, je veux dire !"

"J'ai été avec des tas de garçons," dit-elle taquine, sûre que son mensonge était évident.

"Moi aussi"

"J'en suis convaincue ... vous les garçons de l'internat, vous êtes tous les mêmes ..."

Dans la semi-obscurité, elle ne pouvait pas le voir qui rougissait en pensant à ses journées à l'école de rugby. Mais il n'avait encore jamais été comme maintenant. Pas vraiment.

"Tu n'as pas encore répondu à ma question ... si tu as déjà été avec une fille."

"Non ..."

"Vraiment, jamais ?"

"je voulais dire que non je n'avais pas encore répondu à ta question ..."

"Oh toi, alors ..."

Ils restèrent un moment silencieux, envahis par la nouvelle dimension d'émotion humaine qui naissait de cette situation.

Il enfonça son nez dans la chevelure soyeuse et en inhala tout le parfum délicieux.

La cadence des battements de son coeur s'accrut considérablement. D'abord, calme-toi, et ensuite ..., pensa-t-il.

Le téléphone n'aurait pu sonner à un moment plus inopportun.

Il reconnut tout de suite la voix. Les instructions brèves et nettes, puis le silence ...

Il raccrocha, désenchanté. J'aurai plus de chance la prochaine fois, pensa-t'il en regardant la fille s'en retourner chez elle.

Il pleuvotait sans arrêt ce matin du samedi 18 novembre, et l'enseigne Withell espérait seulement que l'agent arrivât à l'heure convenue. Il se trouvait à la bifurcation de la route depuis deux minutes maintenant et quatre voitures s'étaient déjà arrêtées. Il aurait aimé monter avec la blonde. Les conducteurs solitaires des trois autres voitures étaient des tapettes, ce genre de types qui lui couraient toujours après depuis sa première année à l'école préparatoire. S'il avait voulu attirer l'attention, il n'y aurait pas eu de meilleure façon que de rester là à faire de l'autostop et refuser toutes les offres. Il regarda sa montre. Trois minutes de retard déjà.

Grundig fit démarrer l'Austin.

Il avait continué à surveiller étroitement l'appartement de Chelsea, attendant une opportunité de coincer le jeune homme. Lorsque le jeune soldat de la Garde avait été pris par une jeep de l'armée ce matin, il avait simplement suivi la voiture hors de Londres. Ils s'étaient arrêtés trois fois à cause d'ennuis de moteur, et finalement, au carrefour de la route de Brentwood, l'enseigne avait perdu patience et envoyé au diable l'automobile. A présent, il se tenait là à faire de l'autostop et Grundig savait que le moment était arrivé. Il s'était arrêté sur le bord de la route quand la jeep avait fait halte, restant bien hors de vue. La route était vide à présent. Il mit en marche l'Austin et la stoppa à hauteur de l'officier de la Garde.

"Allez-vous vers Mevagissy ?" demanda le jeune homme.

"Je passe par Mevagissy, montez."

Scotty fut complètement surpris. Ce n'était certainement pas le mot de passe et Mevagissy était en Cornouaille, ce qui n'était pas du tout la direction de la rue Southend. Il se sentit rougir alors qu'il pensait à la manière de se défaire de celui-là.

Avant qu'il pût se rendre compte que cet individu ne pouvait être qu'un ennemi, le canon d'un FN 9mm muni d'un silencieux était pointé vers lui.

"Schnell !"

La route était absolument calme et l'homme pouvait facilement se débarrasser de lui sur-le-champ.

Juste au moment où Scotty s'avançait vers la porte ouverte, le front de l'homme se désintégra.

Une quantité considérable de gelée blanche éclaboussa le tableau de bord, le siége avant ainsi que la portière. Ensuite, avec une affreuse expression de surprise sur ce qui restait du visage, l'homme s'effondra définitivement en avant.

Avec désinvolture, le Cobra rangea l'arme et le silencieux dans la valise de violon et quitta la pièce.

Nul n'avait fait attention au jeune violoniste qui quittait le Verrat Blanc. Il avait payé la note et s'en allait tranquillement.

Scotty était encore occupé à recouvrer ses esprits suite au choc, quand le Cobra s'arrêta derrière l'Austin.

"Je vais à Falmouth," dit-il simplement, "fermez la portière et montez, s'il vous plaît."

Scotty ferma machinalement la portière de l'Austin et monta dans la Jaguar du Cobra.

L'automobile fit demi-tour.

Le Cobra tendit une lettre à son passager.

Le jeune soldat de la Garde était encore complètement bouleversé.

Il regarda le Cobra avec de grands yeux bleus interrogateurs.

"Qu'attendez-vous donc ?" demanda le Cobra avec une certaine bienveillance.

"Un homme vient d'être tué ... devant mes yeux ..." bégaya l'enseigne.

"Peut-être auriez-vous préféré monter avec lui ?" dit le Cobra d'une voix sans émotion.

Pour la première fois, Scotty aperçut les yeux du jeune homme. Des yeux indescriptibles. D'une sorte de bleu acier pâle. Ils le regardaient sans pourtant converger dans sa direction, comme si l'homme fixait quelque objet distant d'aucune importance. D'abord, il pensa qu'il s'agissait d'un collègue. Un jeune officier des services secrets peut-être. Maintenant, il savait que ce n'était pas le cas.

Il y avait quelque chose d'insondable en cet homme qui venait de tuer un autre être humain, et son flegme étonnant était encore plus renversant que la vue du front désintégré quelques instants plus tôt.

Scotty commença de lire.

Quand il eut fini, l'autre dit : "Dites-moi donc ce que vous avez à faire."

"Je dois contacter le feld-maréchal à propos de votre mouillage dans l'estuaire d'Eems. Je lui donnerai le nom et la localisation du sous-marin que vous avez choisi pour cet objectif. Par conséquent, je vais contacter le commandant de vaisseau et expliquer la procédure de votre mouillage en territoire Axis, que j'ai mémorisée. Vous monterez à bord le mercredi 22 novembre dans la soirée, et vous souhaitez partir immédiatement.

Je vous rencontrerai à 14 heures ce même jour, dans le Warner au Leicester Square, afin de confirmer que les arrangements ont été faits."

"Très bien," conclut l'autre. Il tendit au soldat un ticket pour le spectacle du dimanche après-midi. "Vous m'attendrez deux heures, en regardant le film. Si vous ne me voyez pas arriver, vous pouvez supposer que je me suis rendu directement sur le bâtiment pour m'assurer que la matière a été approuvée. Dans ce cas, vous retournerez simplement à votre unité présenter votre rapport. Je crois que le feld-maréchal vous a instruit de la nature confidentielle de cette mission ?"

"Oui, Monsieur, tout-à-fait."

"Bien, ensuite je vous déposerai à la prochaine station de métro, et vous vous rendrez directement au Ministère de la Guerre. En ce qui concerne le petit incident avec l'officier SS, sans doute le service SS local des renseignements est après vous, mais ils doivent avoir perdu vos traces maintenant."

Ils roulèrent en silence un long moment.

"Comment saviez-vous qu'ils étaient après moi ?" demanda l'enseigne finalement.

"Je ne le savais pas," mentit le Cobra, "mais je devais le découvrir".

Lorsque Scotty quitta son appartement ce jeudi 21 novembre dans l'après-midi, il faisait froid et brumeux. Il avait réglé la question navale et demain l'agent le rencontrerait.

Comme il tournait au coin du Sloane Square, il remarqua un homme qui tentait d'entrer une caisse dans un fourgon. L'individu se tordait gauchement dans tous les sens pour faire entrer complètement l'objet encombrant.

Mais la caisse finit par glisser et l'homme apparemment désemparé regarda vers Scotty qui obligeamment vint à son secours.

"Vous seriez très aimable si vous pouviez monter à l'intérieur, Monsieur," dit l'homme, plus âgé, "je pense que je peux la maintenir jusqu'à ce que vous la tiriez à l'intérieur. Ce sont des bibles pour les garçons en France." L'homme haussa les épaules. Scotty sourit et monta dans le véhicule.

"Si vous la saisissiez par ces boucles, ce serait plus facile pour la tirer," dit encore l'autre.

Scotty devait fournir un violent effort pour faire entrer la lourde caisse, d'autant qu'il devait faire ses mouvements en reculant.

Lorsque la caisse fut enfin dans le fourgon, la boucle que tenait Scotty se resserra, coinçant ses doigts. Il resta embarrassé quelques secondes.

Tandis qu'il essayait de libérer sa main, les portes se refermèrent.

Tentant de retirer ses doigts prisonniers dans un dernier et vain effort, il sentit un bras s'enrouler autour de son cou et respira du chloroforme.

Après avoir soigneusement fermé à clef la porte intérieure, Paul Räder marcha vers le jeune homme sanglé sur la table d'opération en acier bleu.

"Je suis vraiment désolé pour tout cela," dit Räder. "Si nous nous étions rencontrés en temps de paix, nous serions certainement allés skier ensemble, ou nous serions partis faire de l'escalade, ou nous aurions peint la ville en rouge. N'est-ce pas ce qu'ils disent dans votre pays ? Vraiment, vous m'apparaissez comme un type très sympathique. Vous êtes le genre de personne que j'aurais aimé comme ami. Malheureusement pour nous deux, nous ne sommes pas maîtres de notre propre destin. Le vôtre en tous cas semble entre mes mains maintenant, et j'ai un travail à accomplir, comme vous d'ailleurs."

Il fit une pause afin de laisser ses mots produire leur effet, regardant amicalement l'adolescent contracté.

"Vous comprenez bien évidemment que nous ne pourrons probablement pas vous laisser partir vivant, maintenant que vous avez vu notre ... euh ... bureau londonien."

"Cependant, vous pouvez encore sauver la fille, et mourir honorablement comme un soldat ... C'est un risque que nous courons tous en temps de guerre.

"Par contre, si vous faites le têtu et que vous ne nous fournissez pas certaines informations précises, nous devrons user de sévères méthodes. Nous n'avons pas beaucoup de temps et les conséquences sont bien sûr inévitables.

"Après tout, cela concerne la vie de notre Führer."

"Vous allez sagement me révéler la localisation de l'homme qui prépare en ce moment une conspiration contre notre Chef d'Etat, n'est-ce pas ?"

Scotty regardait le plafond d'un regard vide. Tout å coup, il comprit ce dont il s'agissait. Une grande action, après tout.

S'il résistait jusqu'au lendemain, peut-être ne pourrait-il même plus répondre å cette question. Le prochain rendez-vous était justement fixé au lendemain. S'il ne s'y présentait pas, le Cobra disparaîtrait. Probablement étudierait-il un nouveau plan.

"Très bien," continua Paul Räder. "Je ne m'attendais pas à ce que vous coopériez immédiatement. Mais c'est bien regrettable. Ils finissent tous par parler. Vous n'ignorez certainement pas cela ? Vous réalisez, je suppose, que nous sommes dans une pièce insonorisée?"

Räder ouvrit un petit sac et en vida le contenu sur une chaise.

Scotty tourna la tête en direction du bruit.

Il vit les seringues, l'acide, les fils électriques, l'un muni d'une pince à accrocher au bout du prépuce, l'autre pourvu d'une sonde métallique de plusieurs centimètres destinée à l'anus, un transformateur, un manipulateur morse, etc ...

"Je crains que ce ne soit assez désagréable," dit le lieutenant SS.

Puis soudain, Scotty sentit les mains de l'allemand qui déboutonnaient la braguette. Une main entra, cherchant un passage sous le caleçon de flanelle.

Quand elle l'eut trouvé, elle se contenta de caresser la peau nue.

Paul Räder faisait durer son plaisir, évitant la région délicate, caressant la peau autour du pubis.

Ensuite il commença de jouer avec les poils, presque tendrement.

Les attouchements nonchalants devenaient quasi sensuels jusqu'à ce que le membre fût enfin capturé.

Räder tâtonna les parties intimes afin de provoquer l'érection, ce qui exposait ainsi complètement le sexe.

"Sale pédé !" siffla Scotty. "Foutu pédé sadique !".

Avec reproche, Räder fit glisser sa main un peu plus bas, tenant bientôt le scrotum et les tendres testicules entre ses doigts.

Il commença de les comprimer un peu.

Graduellement, il accrut la pression, faisant rouler les testicules l'un contre l'autre. Après quelque temps, ils prenaient la forme que leur donnait le pétrissage des doigts.

Le jeune enseigne n'avait jamais connu une telle douleur, et il ignorait même que cela pouvait exister.

Pourtant, cela venait à peine de commencer.

Ce fut près de deux heures après que les hommes eurent laissé Räder et le jeune officier ensemble, qu'ils entendirent le premier cri.

C'était un cri sans équivoque, propre à une lutte contre la mort. Mais il semblait provenir de fort loin et était à peine discernable des autres bruits de la vie quotidienne.

Après quelques secondes, il disparut complètement.

Menke avait pâli légèrement.

"Räder arrive", dit-il.

"Quand la porte extérieure est ouverte, le sujet peut parfois être entendu, mais c'est extrêmement rare," expliqua encore Menke.

"Habituellement, le sujet s'évanouit avant qu'il ne soit dans un état où ses cris pourraient passer au travers de la cloison intérieure. Notre homme doit être un expert tout à fait exceptionnel."

"Les résultats seuls m'intéressent." répliqua sèchement Gotha.

"Nous saurons bientôt," dit Menke. "Räder doit savoir quelque chose maintenant."

Juste à ce moment la porte s'ouvrit laissant entrer le lieutenant SS.

"Qu'y a-t-il donc à manger ?" demanda ce dernier. "Je me sens prêt à avaler un boeuf."

"Et bien ?" interrogea Gotha après un long moment de silence. "Quoi de neuf ?"

"Je crains qu'il ne divague pour l'instant," répondit Räder. "Il prendra un petit temps, celui-là."

"Juste pour te montrer que lui au moins ne parlera jamais," dit Schmid. "Il avait plutôt l'air d'une lopette."

"Une erreur commune," dit Räder

"Ne vous laissez jamais berner par ça."

"Tenez, je pense que ceci devrait vous intéresser," continua Räder en déposant sur la table un billet de cinéma et l'agenda de Scotty.

"Une place réservée pour le film de l'après-midi, demain au Warner, Leicester Square. Un billet simple. Mais il a une amie, bien sûr, Molly McGuin,". Räder lut une inscription dans le carnet : "Habite au 53, Pont Street, près du square Ovington."

Ainsi, il a un rendez-vous pour demain après-midi," dit Menke, "vous voulez qu'on aille la ramasser ?"

"Vous ne m'avez pas bien compris," dit Räder. "Aurait-il pris un billet simple si c'était pour rencontrer son amie ? Bien sûr que non, c'est probablement son prochain rendez-vous, mais pas avec sa copine. Je suggère que Gotha et Schmid vérifient le rendez-vous pendant que Menke va chercher la fille. Vous la reconnaîtrez à partir de cette photographie trouvée dans le porte-feuille de Scotty."

"Aucune idée de ce qui est arrivé à Grundig ?" demanda Gotha.

"Je le saurai demain," dit Räder en baîllant. "Il semble que l'on aura tous une journée chargée demain. Rien de tel qu'une bonne nuit de sommeil. En outre, je ne veux pas trop pousser le jeune homme. Franchement, j'aurai besoin de temps avec lui."

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